La SNCF a récemment proposé un plan ambitieux : satisfaire 15 à 20 % de la demande en électricité grâce à la production d’énergie photovoltaïque d’ici à 2030 et devenir l’un des plus importants producteurs d’énergie solaire en France.
La SNCF, deuxième propriétaire foncier en France après l'État, a annoncé le 6 juillet son intention d'installer des panneaux photovoltaïques sur 1 000 hectares de terrains lui appartenant, ainsi que sur les toits de bâtiments et de parkings, selon l'AFP. L'investissement total de ce projet devrait atteindre 1 milliard d'euros.
Actuellement, la SNCF loue ses propres terrains à des producteurs d'énergie solaire dans plusieurs localités du sud de la France. Mais le président Jean-Pierre Farandou a déclaré le 6 qu'il n'était pas optimiste quant au modèle actuel, estimant qu'il s'agissait de « louer notre espace à bas prix à des tiers, leur permettant ainsi d'investir et de réaliser des bénéfices ».
Farandu a déclaré : « Nous changeons de cap. Nous ne louons plus les terrains, mais produisons nous-mêmes notre électricité… C’est aussi une forme d’innovation pour la SNCF. Nous devons oser regarder plus loin. »
Francourt a également souligné que ce projet permettrait à la SNCF de maîtriser ses tarifs et de se prémunir contre les fluctuations du marché de l'électricité. La flambée des prix de l'énergie depuis le début de l'année dernière a incité la SNCF à accélérer ses plans, et son secteur voyageurs consomme à lui seul 1 à 2 % de l'électricité française.
Le programme d'énergie solaire de la SNCF couvrira toutes les régions de France, avec des projets qui démarreront cette année sur une trentaine de sites de tailles diverses, mais la région Grand Est sera « un important fournisseur de parcelles ».
La SNCF, premier consommateur d'électricité industrielle en France, possède 15 000 trains et 3 000 gares et ambitionne d'installer 1 000 mégawatts de capacité de production photovoltaïque d'ici sept ans. À cette fin, une nouvelle filiale, SNCF Renouvelable, a été créée et sera en concurrence avec des leaders du secteur tels qu'Engie ou Neoen.
La SNCF prévoit également d'alimenter directement en électricité les équipements électriques de nombreuses gares et bâtiments industriels, ainsi qu'une partie de son réseau ferroviaire, dont plus de 80 % fonctionnent actuellement à l'électricité. Aux heures de pointe, cette électricité pourra être utilisée pour les trains ; en heures creuses, la SNCF pourra la vendre, et les recettes ainsi générées serviront à financer la maintenance et la modernisation de l'infrastructure ferroviaire.
La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a soutenu le projet solaire car il « réduit les factures tout en renforçant les infrastructures ».
La SNCF a déjà commencé l'installation de panneaux photovoltaïques sur les parkings d'une centaine de petites gares, ainsi que dans plusieurs grandes gares. L'installation sera réalisée par des partenaires, la SNCF s'engageant à « acheter, dans la mesure du possible, les composants nécessaires à la réalisation de ses projets photovoltaïques en Europe ».
D’ici 2050, jusqu’à 10 000 hectares pourraient être couverts de panneaux solaires, et la SNCF prévoit d’être autosuffisante et même de revendre une grande partie de l’énergie produite.
Date de publication : 7 juillet 2023
